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Jeudi 4 septembre 2025 : CSA SD. Mesures d'ajustement de carte scolaire
Chiche !
La fédération UNSA Éducation partage très largement les analyses du rapport sur la mastérisation que le professeur Jean-Michel Jolion, président du comité de suivi des masters, vient d’adresser au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Il n’est plus temps de tergiverser : la fédération UNSA Éducation renouvelle sa demande de réouverture d’urgence du dossier dans sa globalité en s’appuyant sur les préconisations ou pistes prometteuses ouvertes par le rapport Jolion.
Sans appel, le rapport Jolion dresse le bilan d’une mastérisation cataclysmique de la formation des enseignants pour laquelle malheureusement Xavier Darcos avait trouvé des complicités syndicales. Comme l’indique le rapport, « au-delà des difficultés inhérentes à toute réforme et à sa phase de construction, cette réforme porte en elle des écueils qui ne pourront être levés par de simples ajustements. » L’UNSA exclut par conséquent toute tentative de ripolinage limitée à l’année de stage après concours, même si, dans une optique d’alternance professionnelle, les professeurs stagiaires aujourd’hui en souffrance, doivent à l’évidence bénéficier d’un allègement de service significatif.
C’est pourquoi l’UNSA, qui défendait cette position bien avant 2008, partage la position exprimée par le rapport Jolion sur la nécessité de former les futurs enseignants à leur métier et, par voie de conséquence, de repenser le cahier des charges des masters et des concours. Et, comme l’UNSA l’avait proposé en 2009, il trace les contours de ce que devrait être une agrégation rénovée axée sur le temps de formation différenciée qui va de « bac — 3 » à « bac + 3 ».
Les pistes ouvertes par le rapport doivent être rapidement approfondies et expertisées, notamment les dispositifs permettant d’éviter les phénomènes de « reçus-collés » pour lesquels le professeur Jolion propose des approches originales.
Si le rapport Jolion s’intéresse, comme c’était sa mission, à la période du master, la fédération UNSA Éducation souligne donc que la formation des enseignants doit être pensée dans un continuum allant du cycle licence (préprofessionnalisation) à un accompagnement personnalisé au début de l’exercice professionnel. Elle doit s’insérer dans une éducation-formation des enseignants tout au long de leur vie professionnelle avec un effort significatif pour une formation continue elle aussi en lambeaux. Initiale ou continue, la formation des enseignants est en effet une incontournable clé du changement nécessaire du système éducatif.
Les candidats désertent le concours
Le nombre de candidats au concours de professeur des écoles n’augmente pas. Si l’an dernier, avec 18136 présents, ils étaient 6 pour une place, pour la session 2012, avec 18734 candidats, ils sont moins de 4 malgré 2000 postes supplémentaires à pourvoir.
Contrairement aux déclarations ministérielles qui, comme toujours, se veulent rassurantes, il ne s’agit pas là d’un épiphénomène mais bien d’une tendance qui s’enkyste. Ces chiffres sont à mettre en relation avec les 1000 postes qui n’ont pas été pourvus à la dernière session du CAPES.
Le métier d’enseignant n’attire plus et cela même en période de crise. Jusqu’à présent, la sécurité de l’emploi apparaissait comme un refuge aux étudiants. La coûteuse campagne publicitaire de Luc Chatel est un flop. La communication s’avère inefficace lorsque l’image du métier est profondément dégradée. Et pour cause ! Rémunération insuffisante, formation professionnelle détruite, conditions de travail dégradées, sont autant de repoussoirs pour des étudiants mastérisés.
Pour le SE-Unsa, cette perte d’attractivité du métier d’enseignant est un symptôme supplémentaire de la difficulté dans laquelle se trouve notre système éducatif. Il est incapable de traiter les inégalités scolaires et incapable désormais d’attirer vers le métier de professeur.
La masterisation lancée dès début du quinquennat continue de distiller sa nocivité. Pour le SE-Unsa, il faut que ça change ! Il est urgent de remettre sur l’ouvrage la formation des enseignants. Cela passe par la mise en place de modules de préprofessionnalisation en licence, par des aides financières aux étudiants et surtout par une réelle formation professionnelle en alternance, sans oublier une revalorisation financière digne de ce nom.
Christian CHEVALIER, Secrétaire général du SE-Unsa